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« La douche avait toujours fait des merveilles pour lui. Toute cette chaleur bienveillante qui l’enveloppait comme un utérus finissait par transformer ses colères en philosophie et ses tracas en petites boules multicolores. » (p. 132)

 

Cela fait quelques années déjà que ce livre, comme beaucoup d’autres, attendait d’être ouvert par mes petites mains. Je me rappelle l’avoir acheté sur le seul prétexte d’avoir lu une bonne critique à son propos sur un blog. D’ailleurs, je vois encore ma mère qui essayait de m’en dissuader car aucun résumé ne figure sur la quatrième de couverture. Mais ce serait oublié mon entêtement ! ^^ 

 

Donc, voilà que je commence à lire Le matou sans y croiser un chat ! Un peu perplexe, je continue ma lecture, me disant que dans ces centaines de pages, un matou viendra bien pointer sa petite frimousse, ce qu’il fit après cent pages environ, aux bras d’un petit garçon.  

J’ai ici rencontré un gentil petit couple, Florent et Elise Boissoneault, vivant à Montréal. Florent travaille dans un magasin de disque avec un certain Slipskin, mais son rêve est d’ouvrir un restaurant. Et il se réalisera plus vite qu’il ne l’aurait cru ! C’est par un sauvetage en rue qui lui valu le rôle de héros que je jeune homme fut remarqué par Egon Ratablavasky, un vieil homme riche dont l’odeur des pieds ne laissent pas indifférentes les pauvres narines qui le croisent. Il se veut être un genre de protecteur pour Florent, le considère comme le fils qu’il n’a jamais eu. La chance est donc aux côtés du couple qui, une fois le restaurant acquis, voit leur compte en banque renflouer et la perspective de fonder une famille dans le confort proche. Mais voilà, tout n’st pas aussi beau qu’on le voudrait. Ratablavasky se fait mystérieux et, un jour, il décide de mettre des bâtons dans les roues de Florent avec l’aide de Slipskin qui a participé à l’achat du resto. Durant deux années, le vieillard hantera Florent et Elise.

J’ai vite pris en affection Florent et Elise, mais aussi leurs proches : Monsieur Emile, un garçon de 6 ans porté sur la bouteille, dont la mère préfère s’occuper des hommes que de lui, et qui a pour meilleur ami un matou prénommé Déjeuner ; Aurélien Picquot, un cuisinier français strict dans les cuisines mais tellement aimable ; Ange-Albert, un homme qi aime voyager, fait de petits boulots et passe de conquêtes en conquêtes jusqu’à tomber réellement amoureux et se poser à Montréal avec ses amis ; l’abbé Jeunehomme, un cousin de Florent qui, malgré son étrange manière de vivre, m’a fait rêvé avec sa chambre remplie de livres allant jusqu’au plafond ;  et, Mr et Mme Boissoneault  qui sont le portrait typique des bons parents qui se soucient de leurs enfants. Ce livre est donc riche en personnages en tout genre. Et celui dont mon attention fut la plus poussée fut Ratablavasky, cet étrange vieillard aux allures d’un dieu vivant. L’auteur ne nous dit pas qui il est réellement et quelles étaient ses  intentions réelles envers le couple Boissoneault. Je le vois comme un sadique de premier ordre, une personne mauvaise comme la peste et d’une malignité incroyable.

Quant au cadre de l’histoire, il m’a  ben plu. L’envie de découvrir le Québec se fait plus pressente au point d’être presque triste lorsque Florent et Elise s’en vont en vacances sous le soleil de Floride.

La plume de l’auteur ne m’a pas tourmentée, au contraire, j’ai été contente de découvrir des expressions qui m’étaient inconnues, bien qu’elles n’étaient pas en masse. Cependant, je dois avouer que cela traine en longueur. 600 pages, c’est trop ! J’avais peur de ne jamais arriver au travers tellement certains passages me semblaient sans utilité et d’un ennui incroyable. Mais j’ai persévéré. Je voulais voir ce qu’il adviendrait de tous ces personnages sympathique que j’ai découvert. De plus, je m’attendait à avoir un happy end du style Florent a son restaurant, Elise a son bébé, ils ont adopté Monsieur Emile et Ratablavasky est parti rôtir en enfer, mais que nenni ! Il a fallu que quelqu’un paie pour toutes les manigances du vieux (et par là, je soupçonne l’auteur d’avoir expressément choisi sa victime pour faire des yeux rougis aux lecteurs qui s’attachent vite aux personnages).

En conclusion, je suis contente d’avoir enfin lu ce livre mais j’en reste perplexe. Il n’est pas aussi extraordinaire qu’on le dit. Pour moi, c'est juste une simple histoire où il y a les méchants et les gentils. 

 Clémence.

Le Matou

Yves Beauchemin

France Loisirs 1982

602 pages

Première publication aux Editions Québec / Amérique en 1981