Ubik_PKDick

  

 

 

 

 

 « Une image s'impose à son cerveau agité et fatigué : celle d’un oiseau prisonnier d’une toile d’araignée géante. L’image semblait avoir la patine du temps, et il en étant effrayé; cette ancienneté paraissait réelle, au pied de la lettre. Et elle avait en même temps quelque chose de prophétique. Mais il ne pouvait déterminer exactement quoi. » (p.126)  

 

 

 

 

 

J’avais déjà beaucoup entendu parler de ce livre sans jamais m’y intéresser. Il faut dire, je ne suis pas friande de science fiction. C’est en lisant la biographie du groupe Eiffel sur leur site il y a quelques semaines que je recroise ce livre au titre curieux par le fait qu’avant de se faire appeler Eiffel, le groupe se nommait Oobik & The Pucks (Oobik  provenant du mot Ubik). Donc, je me suis dit que je n’avais rien à perdre (sinon quelques journées) si je l’essayais, surtout qu’il se trouvait justement dans ma PAL !

 

Les premières pages du livre m’ont fait un peu peur. N’ayant pas lu le résumé au préalable, je ne savais pas où j’étais tombée. Ainsi, j’ai rencontré des précogs (personnes voyant l’avenir) et des télépathes (personnes lisant dans les pensées ;  j’en dirais plus sur eux plus bas). Mais surtout, j’ai découvert en quoi consistait la semi-vie, cette période entre la vie et la mort durant laquelle on est enfermé dans une capsule congelée et grâce à laquelle on peut encore communiquer avec le monde des vivants via nos pensées. J’étais donc perdue dans ce monde nouveau, ou plutôt farfelu à mes yeux de débutante pour les romans SF, où rien n’est gratuit (ou cela requiert de l’incroyable !). Par exemple, pour ouvrir une porte, il faut lui fournir une pièce au risque de rester enfermé ! De plus, alors que je situais ce monde du futur à la fin des années 2000 voir même plus loin, j’ai vu avec surprise qu’en fait, l’histoire se déroulait en 1992 ! Cela laisse une drôle d’impression d’imaginer que deux ans avant ma naissance, de telles choses purent exister ! Mais soyons réalistes, ce n’est qu’un roman.

 

Joe Chip est le personnage que l’on suivra tout le long de notre lecture (à part si vous prenez un autre livre, évidemment !) (Bon, personne ne rit… Je me tais alors… tututuuuuu). Il travaille pour la Runciter Associates, une société dont les employés, télépathes, possèdent un contre-pouvoir (au contraire de son ennemi, Hollis, qui emploie des télépathes ayant le pouvoir et n’hésitant pas à espionner certaines sociétés qui viennent crier au secours à Runciter pour les faire partir). Le boulot de Joe est d’évaluer la puissance du pouvoir psionnique émanant des hommes de Hollis afin de les effacer.

Un jour, Runciter reçoit une femme représentant une société implantée sur la Lune (oui, en 1992, on a déjà colonisé la Lune et Mars, vous ne le saviez pas ? ). Elle demande les meilleurs hommes de Runciter pour qu’ils aillent, dans l’immédiat, sur la Lune contrer les espions, supposés d’Hollis. Runciter et Joe établissent donc un groupe des meilleurs éléments et vont tous sur la Lune. Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est qu’il s’agissait en fait d’un piège. Une explosion. Runciter touché. Impossible de l’amener en semi-vie. Runciter décédé. Et puis, des phénomènes anormaux commencent : les cigarettes s’effritent, le lait est tourné, du moisi recouvre le café fraîchement servi, … et une collègue de Joe est retrouvée morte, complètement desséchée, comme si elle était là depuis des années. Le temps aussi se trouve déréglé, comme emporté par un pouvoir inconnu vers le passé.

 

Si je devais définir ce livre en un mot, je choisirais le mot étrange. Etrange car le monde dans lequel j’étais plongée m’étais totalement inconnu, j’étais dépourvue de repères. Etrange car il présente une vision de la réalité assez complexe et folle. Mais je m’y suis vite fait. En plus, ma curiosité me forçait à continuer encore et encore afin de savoir le fin mot concernant Ubik. Ce mot, ce produit  me trottait dans la tête. Et l’auteur a tout fait pour que l’on ne l’oublie pas via quelques phrases en chaque début de chapitre pour le moins étonnantes (Ubik est défini en tant que bière, médicament contre les maux d’estomac et les migraines, déodorant, soutien-gorge, sauce salade, et j’en passe !).

Philip K. Dick montre ici un roman digne de sa réputation, empli d’une incroyable imagination, qui conjugue différents thèmes sans pour autant être lourd. Bref, je ne suis pas du tout déçue d’avoir tenté ma chance avec ce roman !

Clémence. 

 

CHALLENGE2011

 



Ubik entre dans la challenge nécrophile étant donné que Philip K. Dick est décédé des suites d’une congestion cérébrale l’ayant conduit dans un coma irréversible.

 

 

Ubik

Philip K. Dick

10/18 2007

285 pages

Première publication en 1969

Traduit de l’américain par Alain Dorémieux