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« Londres baignait dans l’un de ces brouillards glacés dont elle détient le secret, où se dissolvent formes et bâtiments et dans lesquels les plus puissants réverbères se réduisent à  des lueurs jaunes et diffuses évoquant la lumière pauvre des chandelles. »  (p.319)

 

ATTENTION ! Ce roman faisant partie d’une saga, il est très probable que des éléments du précédent soient diffusés, ainsi que leur suite, bien que résumés.

 

 

Il y a un an, j’ai eu le plaisir de découvrir la plume de Juliette Benzoni dont j’avais entendu tant de bien. Il s’agissait de premier tome de cette saga, L’Etoile bleue, grâce auquel j’ai revisité Venise. Des personnages attachants, un décor magnifique et l’amour – mais aussi la mort – dans l’air m’avaient convaincus de lire la suite.

 

J’ai été ravie de revoir le prince Morosini ainsi que le français Adalbert Vidal-Pellicorne (quel nom périlleux, n’est-ce pas ?! ^^) qui est devenu  un de ses très bon ami depuis qu’ils se sont mis tout deux à la recherche des quatre pierres manquant au Pectoral. Cet objet  est très important pour le peuple juif car, une fois que toutes les pierres y seront restituées, il pourra retrouver ses terres ancestrales. Dans L’Etoile bleue, Simon Aronov, un  vieux polonais boiteux, avait contacté Morosini afin de l’aider dans sa quête. La première pierre trouvée avec l’aide précieuse d’Adalbert, le prince vénitien continue les recherches. Il va donc à Londres (on est en fin d’année 1922) où une importante vente aux enchères aura lieu. Et pour cause ! Parmi les antiquités proposées se trouve la Rose d’York ! Mais il ne s’agit en fait que d’une excellente copie faite par les soins de Simon Aronov dans le but d’appâter le réel propriétaire. Cependant, rien ne se passe comme prévu : la Rose est volée quelques jours avant sa mise aux enchères. Tout en sachant bien que le diamant volé est un faux, les deux protagonistes essayent de remonter jusqu’à son détenteur et de peut-être tomber sur celui qui possède le vrai. Pour ce faire, ils seront aidés par un journaliste casé dans la rubrique des chiens morts et le superintendant de Scotland Yard, Gordon Warren. De plus, à côté de cela, Morosini essaye désespérément de libérer Anielka, une polonaise rencontrée quelques mois plus tôt (voir L’Etoile bleue) et dont il est tombé amoureux, qui est inculpée pour le meurtre de son mari.

 

Bien que l’écriture de Juliette Benzoni me transporte toujours autant, je dois avouer être déçue, et ce à cause de plusieurs choses. Premièrement, le suspens n’est pas grand quant à la recherche de la Rose d’York. C’est en voyant la fin du livre arriver que je me suis dit qu’elle allait sûrement apparaître par magie, ce qui fût le cas d’ailleurs. Pas de course poursuite donc, ni de nombreux morts (bon ok, certains y ont laissés leur peau mais pas assez il faut croire… !) Deuxièmement, j’ai eu l’impression que l’histoire se tournait plus vers la pauvre Anielka qui est emprisonnée. Bien sûr, en bon italien au cœur gros comme ça, Morosini ne peut s’empêcher d’aller aider sa bien-aimée alors qu’il n’est même pas sûr de son amour ! Bref, c’est un triste tableau trop commun à mon goût. Mais peut-être vois-je cela de manière sarcastique parce que je ne portais déjà pas dans mon cœur la jeune polonaise au premier tome ? Troisièmement, je suis assez triste de n’avoir fait que croiser Simon Aronov le temps de quelques minutes. J’aurais aimé passer plus de temps avec ce personnage ambigu et mystérieux. Quatrièmement (et dernièrement !), j’ai trouvé le décor triste. Londres sous la grisaille, ce n’est pas fameux et j’avais la vague impression que cela déteignait sur les personnages qui, du coup, devenaient plus mous… Et puis,  j’avoue que j’aurai aimé retrouver Venise plus qu’en quelques pages !

 

Bien sûr il ne faut pas croire que je n’ai pas aimé, disons juste qu’il s’agit là d’une petite déception. Comme j’ai dis ci-dessus, l’écriture de Benzoni relève le tout. C’est un bonheur de la lire ! Elle m’a fait redécouvrir le charme de Morosini, l’humour d’Adalbert, Venise et Londres, et rien que pour ça, j’en suis très contente ! De plus, j’ai apprécié le coup de théâtre autour de la jeune et serviable secrétaire de Morosini qui savait si bien se faire oublier dans le premier tome. Cela me fait espérer de la retrouver dans les tomes suivants et, peut-être, fera-t-elle oublier Anielka au cœur de Morosini pour s’y blottir ? J’avoue que cette tournure me plairait bien. Exit Anielka ! Héhéhé

 

Je vous reparlerai très sûrement encore du prince Morosini, de ses quêtes et conquêtes. Le tome suivant : L’Opale de Sissi ! Et si vous n’avez toujours pas commencé la saga, allez-y ! ;)

Clémence.

Le Boiteux de Varsovie : La Rose d’York (Tome II)

Juliette Benzoni

Pocket 2000

473 pages

Première publication en 1995 chez Plon